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La situation actuelle des |
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DROITS DE LA FEMME |
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dans
quelques pays de l'Afrique de l'Ouest |
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RAPPORT
DE SVNTHESE |
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Janvier 2005 |
Introduction
Le présent rapport est
une synthèse des rapports de recherche sur la situation actuelle des droits de
la femme au Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Ghana, Guinée Bissau, Mali et Niger.
Les rapports de
recherche sur les droits de la femme au niveau des pays de l'Afrique de l'Ouest
cités plus haut indiquent les principaux traités et conventions signés ou en
cours de discussion, les mécanismes mis en place, les progrès réalisés, mais
aussi les obstacles et les éGhecs. La dynamique et le discours sont
essentiellement définis par les forces et la relation entre :
a) les lois
progressives et non discriminatoires concernant les droits de la femme, telles
que discutées et définies dans les différents articles de la Convention
concernant la lutte contre toutes les formes de discriminations à l'égard des
femmes (CEDEF), et b) la réalité quotidienne des pratiques et lois
traditionnelles
et religieuses. Même
si les conflits ne surviennent pas à tout moment, ce sont ces pratiques qui, le
plus souvent, entravent la promotion des droits de la femme; lesquelles
pratiques sont renforcées par les normes patriarcales et les valeurs de la
société. Toutefois, il existe des signes prometteurs et des mesures
prises pour appliquer
les différentes dispositions de la CEDEF. C'est dans cette dynamique que
s'inscrit la promotion des droits de la femme dans les différents pays
susmentionnés.
Accords.
Conventions. et Traités au niveau Régional et International concernant les Droits de la Femme
La Déclaration Universelle
des Droits de l'Homme (1948) a été prise en compte dans les constitutions du Bénin,
Burkina Faso, Cameroun, Ghana, de la Guinée Bissau, du Mali et du Niger.
Tous ces Etats ont ratifié
la CEDEF. Des consultations et discussions sont en cours pour ratifier le
protocole facultatif. Ce processus se trouve à de divers stades dans les différents
pays. Les rapports officiels sur les progrès dans l'application dudit processus
vont dans le même sens.
La Charte africaine des
droits de l'Homme a été adoptée en 1981 par
l'OUA. A la date d'aujourd'hui, elle n'a pas été signée par tous les Etats (c'est
le cas du Ghana). Certains pays sont en train de développer des stratégies pour
la ratifier. Le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et
culturels a été signé par différents pays comme le Bénin, le Cameroun, la
Guinée Bissau et le Niger. Celui relatif aux droits civils et politiques a été
signé par le Cameroun et le Niger. .
CEDEF
Après la ratification de la
CEDEF par le gouvernement et son acceptation par la société civile (ONG), des
mécanismes ont été mis en place pour faciliter l'application des différentes
dispositions de la CEDEF et la promotion des droits de la femme.
2
Au niveau du
aouvernement
Dans tous les Etats,
il existe un ministère spécial chargé des questions de la femme. Au Ghana, il
yale ministère de la promotion de la femme et de la protection de l'enfance
(MOWAC), chargé de faciliter l'élaboration des politiques et la coordination au
niveau des différents secteurs. Les ministères de la justice, de l'intérieur,
la com'mission des droits de l'homme et de la justice administrative (CHRAJ),
le département chargé des questions de la femme et de l'enfance au niveau de la
police et la commission de l'aide juridique sont les autres institutions chargées
de l'application des lois qui protègent les droits de la femme, assistent aussi
les femmes pour demander réparation en cas d'atteinte à leurs droits. Au
Cameroun, le ministère de la promotion de la femme a mis en place des points
focaux dans tous les autres ministères. Le Burkina Faso a aussi installé une
commission. En Guinée Bissau, l'Etat a officialisé diverses commissions dans le
domaine des droits de
la femme et de la loi agraire, la prise de conscience par rapport aux questions
liées au genre dans le. cadre de la loi agraire. Ce sont ces institutions sur
la promotion de la femme, les points focaux et les commissions
nationales qui ont la
charge de suivre les progrès sur la promotion des droits de la femme, et si
possible, de collaborer à cet effet avec les autres ministères, comme les
ministères de l'Education, de la Santé, de l'Intérieur, de.\la Justice et du
Travail. Le Mali, le Niger, le Bénin et le Ghana ont organisé des campagnes de
sensibilisation et des ateliers de consultation.
Société civile
Les organisations et
associations nationales dans la plupart des pays ont déployé d'intenses efforts
pour la promotion des droits (humains) de la femme, notamment dans le domaine
de la violence domestique et les autres formes de discrimination à l'égard des
femmes, la lutte pour l'alphabétisation et l'éducation, la santé reproductive,
l'accès à la terre et les droits patrimoniaux. Quelques exem pies de ces
efforts sont :
~ Niger: RIDD Fitila et
~FJN (2 organisations nationales) ont mis l'accent sur la promotion des droits
des femmes en zones rurales; en collaborationavec CARE international.
~ Bénin: sous la conduite
de WiLDAF-Benin, une ONG pour la promotion de la femme et des droits de
l'homme, le code de la famille a été récemment accepté (août 2004)
~ Ghana: il y a plusieurs
réseaux nationaux, comme la Coalition Nationale Contre la Violence Domestique
et WiLDAF-Ghana, qui. font campagne pour le
vote et l'application de la loi contre la violence domestique .
» Guinée Bissau: Sinin Mira Nassequé et RENLUV/GC, sont
des réseaux nationaux qui luttent contre la violence à l'égard des femmes et
des enfants .
>- Camerouî:
des organisations :Cont campagne pour le changement des
dispositions juridiques discriminawires à
l'égard des femmes
:r
Mali: dans les diverses régions, une forte pression des différentes
organisations a permis de mettre en place un réseau de structures para
juridiques et de cliniques juridiques qui, en plus de l'aide juridique apportée
aux femmes, ont commencé' de faire campagne pour le changement dans les
comportements et pratiques des magistrats et des autorités loca.les.
proqrès Dar raDport
aux Seize (16) Articles de la
CEDEF
· Discrimination,
politiques et garantie des droits humains et des libertés fondamentales (Articles 1-3): le Ghana a pris
des mesures antidiscriminatoires (1998, 2002)
et autorisé des quotas au regard de la
représentation des femmes au niveau du gouvernement et du secteur public (40%)
et au niveau communal (50%) ; Le Niger a accepté un quota de 10% pour les postes
électifs. Ce volet couvre également l'Article 7 sur la participation des femmes
à la vie politique et publique. Au Bénin et au Ghana, des lois ont aussi été.
votées pour intégrer dans les lois coutumières, les mariages modernes et les
contributions des épouses (PNDCL 111-114 relatif.
à la loi sur l'héritage, l'enregistrement des mariages, la garde des enfants et
le testament) (Art. 1-3).
· Des efforts ont été déployés dans différents pays
pour éradiquer les
stéréotypes liés au genre dans les programmes
scolaires (Articles 4-5, 10).
. Des mesures pour abolir toutes les formes de traite
des êtres humains :
un projet de loi sur la traite de~ êtres
humains a été élaboré au Ghana.
· Dans le domaine de l'emploi (Article 11), il ya
égalité entre l'homme et la
femme en matière d'emploi au Bénin, au
Burkina Faso, au Niger et au
Ghana. Au Ghana, des
dispositions sont prises pour le congé de maternité payé (3 mois), pour
réduire les heures de travail des femmes allaitantes
sur une période pouvant aller jusqu'à six mois après
l'accouchement. Il existe aussi des infrastructures pour enfants à côté des lieux de travail, notamment dans les ministères.
Toutefois, les femmes du secteur privé font face aux pratiques
discriminatoires. Elles ont de bas
salaires et certains employeurs du
secteur. privé sont réticents aux congés de maternité.
Le harcèlement
sexuel sur le lieu de travail est un
problème dans tous les pays; et il n'existe aucune loi à ce sujet.
Toutefois, au Ghana des tentatives ont été faites pour l'incorporer dans le
nouveau code
du
travail 2003. .
·
Santé (Article 12): Tous les patients ont accès aux soins
de santé, indépendamment
de leur sexe dans tous les pays. Des progrès ont été réalisés dans le cadre de
la santé de la femme dans toute la région, même si le taux de mortalité maternelle reste encore élevé. A titre d'exemple, de bonnes structures sanitaires existent au
Mali. Au Ghana, un système national d'assurance maladie a été mis en place pour
réduire le coût des soins de santé pour les familles, notamment les pauvres. Le
gouvernement a
également pris des mesures d'exonération, comme c'est le cas avec la gratuité de quatre visites
prénatales pour toutes les femmes enceintes. Et dans un proche avenir/ les
services pour lec accouchements seront ~uc;si gratuits. Le Bénin a accepté la
loi sur la santé sexuelle et reproduCtive, laquelle loi porte sur l'excision et l'utilisation
des contraceptifs. Le VIH/SIDA est un problème au regard du nombre
des victimes parmi les femmes dans toute la
région, avec des taux
de prévalence variés. La mutilation génitale féminine reste un problème au
Bénin, Mali, Burkina Faso et Niger. Bien que la mutilation génitale féminine
soit illégale au
Ghana,
elle est toujours pratiquée dans les régions du nord, des filles se font
mutiler au Burkina Faso.
.4
.
Les droits relatifs à la santé
reproductive de la femme, notamment tout ce qui a trait à la procréation,
continuent d'être du ressort de l'homme en raison de croyances culturelles et
de la tradition. Les militants des droits de la femme et des questions liées au
genre ne sont pas assez engagés dans le domaine de la santé reproductive. La
majeure partie du travail est effectuée par les ONG et les structures
gouvernementales du secteur de la santé.
.
Avantages économiques & sociaux
(article 13), les femmes continuent d'avoir un accès limité aux crédits
financiers, aux prêts hypothécaires et aux allocations familiales. Les femmes
qui travaillent dans le secteur
informel n'ont pas de
couverture sociale. Le même schéma est rencontré dans toute la région.
. Participation des femmes rurales au développement (Article 14): les femmes rurales continuent d'être
défavorisées. Les ménages des zones rurales sont parmi les plus pauvres; ils
ont de faibles conditions de vie et n'ont
pas accès au crédit, aux technologies appropriées et . aux infrastructures. Les obstacles existent toujours, mais
les femmes rurales ont commencé à s'organiser pour former des groupements ou
coopératives pour avoir accès aux avantages, notamment le crédit. A cet égard,
des systèmes de micro-crédit et d'épargne existent dans tous les pays.
.
Dans toute la région, les femmes sont égales
devant la loi (article 15).
Cette égalité est
toutefois entravée. par les goulots d'étranglement administratifs, les
préjudices liés au genre, et la faible accessibilité des femmes aux cliniques
juridiques, notamment les femmes pauvres. Les ONG préconisent activement des
changements dans plusieurs domaines.
. Mariage et famille conçernantle droit de créer des unions (article 16), l'age minimum du
mariage est de 18 ans au Bénin et au Ghana. Tous les pays reconnaissent les
différentes formes de mariage. Le Bénin reconnaît deux formes: civil (parfois
monogamie), et coutumier (parfois polygamie). Le Ghana a trois formes de
mariages- civil, musulman et coutu~ier. En général la polygamie est largement
acceptée dans tous ces pays. .
. Les mariages
forcés, I.es mariages de parenté et le lévirat, tout comme les fiançailles des enfants, existent dans plusieurs pays.
La loi coutumière donne la suprématie à l'homme. Les femmes ont un accès limité
à la famille et aux biens. L'acceptation culturelle de la violence domestique,
la
restriction de la liberté d'expression et de culte,
tout comme les tabous selon lesquels les femmes ne peuvent pas exercer
certaines fonctions ou. manger certains aliments dans les pays musulmans
constituent des atteintes aux droits de la femme. Au Ghana, les dispositions de
la Joi PNDC
111-114 permettent aux femmes de faire des
revendications.
Systèmes
qui régissent les droits de l'individu
Les constitutions dans
les différents pays assurent l'égalité entre les sexes. Toutefois, l'équité
entre les sexes est dans une large mesure un concept théorique dans les
pratiques quotidiennes, notamment dans les zones rurales.
5.
Dans tous les pays, il
y existe plusieurs systèmes. Les lois coutumières, le droit moderne et le droit
islamique coexistent au sein de systèmes patriarcaux. Dans les pays musulmans,
les croyances et pratiques religieuses sont juxtaposées à la loi coutumière et à
la loi moderne. Même si la dominance de chacun de ces systèmes diffère d'un
pays à un autre, nous pouvons voir que le statut de la femme reste inférieur à
celui de l'homme concernant les biens, l'héritage, le mariage, le divorce et la
garde des enfants. Les stéréotypes existants sur les rôles et responsabilités
des hommes et des femmes, la division inégale du travail et les autres
pratiques discriminatoires entravent gravement le développement durable et
équitable. Il est par conséquent important de continuer à faire campagne pour
les droits de la femme.
Différences au niveau
de l'héritaae. du divorce et de la crocriété des terres
Le garçons et les
filles ont les mêmes droits au Bénin. Au Burkina Faso et au Ghana, les filles
sont exclues de l'héritage. En Guinée Bissau, au Mali et au Niger, les femmes
sont désavantagées. Les femmes au Ghana ont des droits égaux devant la loi pour
gérer les biens à juste titre. La loi coutumière prédominait avant 1986.
L'héritage à l'époque était lié au type de mariage et du système de la
descendance, patrilinéaire ou matrilinéaire. A présent, les dispositions (111114)
de la loi et ses amendements essaient de ramener la loi coutumière au niveau de
la famille moderne. Les biens de la famille restent dans les mains du chef de
famille qui est généralement un homme. L'article 22 de la constitution de 1992
et toutes ses dispositions, tout comme la loi 111 du PNDC (également adoptée au
Bénin), assure le droit à la propriété aux épouses de manière équitable en cas
d'absence de testament. Toutefois, il existe toujours des problèmes au regard
de l'application effective de ces lois et de l'ignorance des femmes.
Les femmes divorcées
ont droit à une pension alimentaire au Bénin. Au Niger, elle est à la charge
totale de l'homme. Les femmes divorcées (à leur demande) doivent rembourser la
dot aux beaux-parents (Bénin et Niger). Au Ghana, seules les femmes ayant
contracté un mariage civil ont droit à une pension alimentaire. En général, ce
sont les femmes qui souffrent lorsque le mariage est dissout. Les femmes
divorcées sous le régime patrilinéaire perdent la garde de leurs enfants parce
qu'ils appartiennent à la famille élargie de l'homme. Les femmes peuvent aussi
perdre l'accès à la terre en cas de dissolution du mariage. Les militants des droits de la femme font campagne
pour l'instauration d'une loi qui protège la femme en cas de divorce. Il est à
noter que dans beaucoup de domaines, les femmes n'ont aucun droit dans
plusieurs pays.
Les
femmes au Bénin et au Niger ont accès à la terre (droits d'utilisation), mais
pas de propriété de la terre. Au Cameroun, les femmes possèdent la terre.
L'accès à :.: terre au Ghana passe
par le mariage, l'héritage, le partage des-cultures, le bail ou l'achat ou sous forme de
cadeau. Les femmes sous régime matrilinéaire ont accès aux terres de la
descendance seulement pendant la.durée du mariage.
6
Facteurs essenti'els
de succès pour la promotion des droits
Même si plusieurs
questions et défis n'ont pas été abordés, il existe cependant quelques facteurs
essentiels qui ont défini les progrès actuels:
Au niveau national et
du aouvemement
. Constitutions et lois concernant les femmes et les
droits de la femme en
particulier .
. Création de ministères et de commissions en charge de
la promotion de la
femme et de la CEDEF
. Existence de lobbies pour la défense des intérêts des
femmes au niveau de
l'Assemblée Nationale et de conseillers en
genre au niveau de la
Présidence de la. République
. Politiques nationales sur la promotion de la femme/des questions liées
au
genre
. .Mesures anti-discriminatoires et institution de quotas
Au niveau de la
société civile
. Existence d'ONG et d'organisations de la société
civile qui défendent les
droits de la femme. Il faudrait aussi
assurer le renforcement des capacités
,du personnel des ONG sur
les approches relatives à la protection des
droits de la femme
· Combinaison de
programmes sur le recours à la justice, y compris la formation sur l'exercice
des droits qui vise à stimuler la confiance en soi et l'affirmation en soi pour permettre
aux femmes de mettre en avant leurs revendications, et la création de cliniques
juridiques. Dans certains pays, il y a des hommes qui travaillent comme des
alliés sur la promotion des droits de la femme, notamment sur la violence
contre les femmes
· Formation de femmes sur le leadership, fourniture de manuels sur les
droits de la femme en langue local
· Campagnes de sensibilisation menées par les leaders
politiques, religieux
et administratifs à travers les
médias (radio), l'utilisation des brochures,
du théâtre au niveau local 'et national
· Programmes et stratégies pour l'alphabétisation des femmes et
l'éducation
de
la jeune fille .
· Recherche, documentation et dissémination des
pratiques et résultats
concernant les droits de la femme
Problèmes rencontrés
et stratégies pour le long tt::rr.1e
Dans le
cadre de la promotion des droits de la femme, chaque pë;y5 rencontre des problèmes qui entravent la réalisation de cet objectif.
Nous allons brièvement présenter les principaux problèmes classés en trois
catégories avant de faire des recommandations sur les stratégies pour le long
terme.
Au
niveau des politiaues. lois et rèalements
7
. Il Y a toujours des lois et règlements ambigus
concernant les droits de la femme. Dans les lois actuelles sur le code de la
famille, le mariage, le divorce et le système d'héritage sont parfois au
détriment de la femme
. L'application et le suivi des politiques sont
inadéquats tout comme
l'application des dispositions des lois à
l'instar de celles de la CEDEF
. Le plus souvent, les mécanismes juridiques ne
favorisent pas les femmes car ils sont flous et incomplets; ils manquent de notions
juridiques clairement définies. En général, la position de l'homme est
renforcée au niveau des codes civils (par exemple, l'homme est toujours le chef
de famille) .
. La coexistence des lois coutumières, religieuses et
civiles ne favorise pas la promotion des droits de la femme, notamment là où
les lois coutumières et religieuses définissent la femme comme une personne à
charge toujours sous l'autorité de l'homme. Pour les cas où les lois civiles ne
sont pas assez développées pour protéger les droits de la femme, les lois
civiles peuvent renforcer les pratiques traditionnelles qui sont contre les
femmes.
Principales stratégies pour le long terme :
> améliorer le suivi des
dispositions de la CEDEF et confiez la
responsabilité de ce suivi au
gouvernement
> révision et analyse des lois
et traités existants sur les droits de la
femme au même moment
> adoption d'une approche
multi-sectorielle
> renforcement des capacités
des points focaux et des ministères
chargés de la promotion de la
femme
> application des dispositions
du code du travail, notamment dans le
secteur privé pour permettre
aux femmes d'avoir les mêmes
chances en matière d'emploi
Diverses résistances
dans le domaine des droits de la femme
· Tous les gouvernements .manquent de volonté politique.
Les questions liées à la situation de la femme et aux droits de la femme sont
considérées comme secondaires. La question du genre n'est pas considérée comme
une priorité dans tous les ministères
· Malgré l'existence d'organisations importantes qui
font du lobbying pour la promotion des droits de la femme, il y a toujours
l'absence d'appui, notamment les organisations qui considèrent les droits de la
femme .comme une menace aux lois et pratiques traditionnelles et religieuses.
Les pratiques socioculturelles négatives, des coutumes et traditions relatives
aux femmes sont .souvent refusées et parfois renforcées.
~ Il Y a aussi une forte résistance au niveau des
communautés et des ménages; parfois. ce
sont les femmes elles-mêmes qui pensent que les hommes sont supérieurs et les
femmes des subordonnées. La résistance
est aussi le résultat
de l'ignorance des lOIs existantes qui protèger,t les' femmes. Il y a aussi le
taux élevé d'analphabétisme chez les femmes, c'où.
leur difficulté d'accès à l'information et à la compréhen?ion
de
l'information. .
Stratégies pour le long terme :
~ Renforcer le réseautage
entre les ministères en charge de la
promotion de la femme et les ONG
8
)- Renforcer la
collaboration entre les ministères en charge de la promotion de la femme et les
autres ministères qui travaillent sur les droits de la femme, notamment les
ministères de l'éducation, de la santé, de l'intérieur, de la justice et du
travail
)- Promouvoir et faciliter l'institutionnalisation du
genre dans tous les
ministères
)- Au niveau pratique: amélioration des
stratégies existantes et
élaboration de nouvelles stratégies pour
mobiliser et communiquer
avec les leaders traditionnels et les
décideurs politiques
)- Stimuler les campagnes de sensibilisation
sur les droits de la
femme, la violence à l'égard des femmes, y
compris les mutilations
génitales féminines
)- Intensifier
l'éducation sur les droits légaux des femmes, pas
seulement pour les femmes et les filles,
mais aussi pour les
hommes et les garçons
)- Les ONG et les autres organisations de ia
société civile doivent être
plus activement engagées dans les droits
relatifs à la santé
reproductive des femmes
)- Intensifier la sensibilisation pour bannir
les croyances culturelles
enracinées, tout comme les stéréotypes
sexuels par le biais de
l'éducation de la jeune fille et
l'alphabétisation de la femme.
Manaue de ressources Dour
une oromotion effective des droits de la femme
L'absence de
ressources porte sur le domaine financier, humain et technique. A titre
d'exemple, les ressources financières permettront de faire une large publicité
sur la Convention, d'appliquer des programmes progressifs sur la
violence à l'endroit
des femmes ou pour recruter (du personnel), notamment dans le domaine de la santé et au niveau du
gouvernement. .
Stratégies
pour le long terme : .
)- Faire du lobbying pour budgétiser la question liée au
genre au niveau des
ministères, en créant des
possibilités de formation et de nomination de
personnel qualifié, et pour
I.'application des programmes
)- Mobiliser des ressources au niveau des partenaires au développement
pour
une intensification du travail sur
les droits de la femme
>-'
Stimuler et appuyer la r~cherche sur les pratiques existantes afin d'avoir plus
de données statistiques disponibles sur la prise de conscience concernant les
questions liées au genre. Ceci peut justifier la demande de plus de ressources
pour la promotion des droits de la femme
;;.. Développer les
manifestes. des femmes qui font campagne sur les
préoccupations et besoins des femmes
. Conclusion
Au regard des discussions
des sections précédentes, dans tous les pays, certaines lois et politiques et
certains règlements sont soit mis en place, soit en cours de discussion. La
CEDEF a été ratifiée par tous ces pays, mais l'application et le suivi
diffèrent largement en fonction d'un pays à l'autre. Les rapports montrent
aussi que là où d'importantes organisations féminines et de réseaux féminins
existent, la promotion des droits de la femme est une réalité et occupe
toujours une place prépondérante dans les programmes. En outre, les lois, les
9
règlements
et les politiques, la prise de conscience
des politiques et pratiques existantes
sont essentiels dans la promotion des droits de la femme, notamment la santé
reproductive et la violence à l'égard des femmes. Un meilleur accès ou un accès
équitable à et au contrôle de l'information, à l'emploi, aux revenus, à
l'éducation est également essentiel pour un développement équitable et durable.
Les principales interventions sont mentionnées sous la composante stratégies
pour le long terme de la section précédente. La réalisation du présent travail
demande à tous les acteurs impliqués d'intensifier leurs efforts pour
développer la prise de conscience et promouvoir la protection des droits de la
femme. Les bonnes pratiques doivent être multipliées' et constamment
améliorées.!.
10