POLITIQUE ET PLAN D’ACTION POUR LA PROMOTION DE LA FAMILLE 2002 - 2006
CHAPITRE I : ANALYSE DE LA SITUATION
DE LA FAMILLE.
I. Définition de la famille malienne.
II. Evolution du droit de la famille.
III. Problématique de l’évolution sociale
de l’entité « Famille »
CHAPITRE II : POLITIQUE DE PROMOTION
DE LA FAMILLE
II.Cadre stratégique pour la politique de
promotion de la Famille.
CHAPITRE III : PLAN D’ACTION POUR LA
PROMOTION DE LA FAMILLE 2002 - 2006.
CHAPITRE
I : ANALYSE DE SITUATION DE LA
FAMILLE
I-
DEFINITION DE LA FAMILLE MALIENNE
La famille est l’unité sociale de
base. Elle se définit comme un groupe d’individus qui se reconnaissent comme
descendants d’un ancêtre commun connu : c’est le lignage en anthropologie.
Elle se distingue du ménage qui se
définit comme un ensemble de personnes vivant dans la même unité d’habitant et
partageant leurs ressources et leurs frais de groupe. Communément, c’est le
groupe de personnes vivant et mangeant ensemble et, qui se reconnaissent sous
l’autorité d’un chef de ménage.
Il existe plusieurs types de
familles :
- la famille
étendue qui comprend la famille polygénique et la famille à ménages multiples.
- La famille
restreinte qui comprend la famille nucléaire proprement dite qui se compose du
couple marié et ses enfants avec ou sans personnes supplémentaires non mariées
et la famille monoparentale généralement recomposée après un divorce ou un
décès et qui comprend un seul des deux parents
et ses enfants.
La famille dont le rôle a toujours été considérable, se
caractérisait par trois grands traits à savoir :
-
Son
étendue : à l’image de toutes les
sociétés primitives, la famille traditionnelle africaine était formée de tous
ceux qui descendaient d’un ancêtre commun. Selon les époux, les dimensions
coïncidaient avec celles de l’ethnie, du clan,
du lignage. Le système de filiation unilinéaire et la polygamie étaient
entre autres institutions qui assuraient l’extension de la structure familiale.
-
L’autorité
exclusive du chef de famille s’exerçait à la fois sur les personnes et les
biens. Il semble que cette autorité
n’était pas tout à fait arbitraire puisqu’elle n’était censée exister
qu’au profit de l’intérêt collectif de la famille.
-
Les
fonctions : comme dans toute société primitive, ses fonctions touchaient à
tous les aspects de la vie. Ainsi, exerçait-elle des fonctions religieuses (
maintien du culte des ancêtres, conservation des secrets de famille et autres
sépultures), économiques (attribution du droit sur la terre, agent de production
et de consommation ) politiques (les chefs de famille participent à l’exercice
du pouvoir, les régimes s’articulaient autour des familles).
La famille traditionnelle ainsi conçue n’est pas restée
insensible à l’évolution des nos sociétés traditionnelles vers la modernité.
Le dépérissement des valeurs fondatrices de nos sociétés,
des fonctions originelles de la famille ont entraîné son affaiblissement
progressif. L’institution familiale n’ayant
pas échappé à l’évolution, son organisation juridique n’a pas pu s’y
soustraire.
II- EVOLUTION DU DROIT DE LA FAMILLE
La famille, phénomène nécessaire, constitue également un
phénomène juridique « même si la vie familiale se situe très largement
dans le domaine du « non droit » pour relever davantage des mœurs et
des habitudes » selon l’expression du Doyen Jean CARBONNIER.
L’organisation juridique da la famille induit l’existence
d’un droit de la famille, lequel reste en état de sommeil aussi longtemps qu’il
n’y aura de crise au sein de l’entité familiale.
Le droit de la famille est un ensemble de corps de règles
destinées à constater les liens de sang ou la communauté de vie et qui à leur
tour créent et régissent d’autres situations juridiques.
Ce droit vise à assurer, dans le cadre familial, aux
personnes la satisfaction de leurs besoins et la réalisation de leur droit au
bonheur.
·
L’évolution
du droit de la famille à partir de 1962
Il s’agit du droit positif
actuel issu du code du mariage et de la tutelle de 1962 ( loi N° 62-17
AN/RM du 3/2/1962 modifiée par la loi du 25 janvier 1963), le code de la
parenté résultant de l’ordonnance N°36CMLM du 31 juillet 1973 et de la loi sur l’état civil et leurs textes
modificatifs .
Après l’indépendance, le législateur national a reconduit le
système dualiste hérité de la période coloniale. Mais très tôt des réformes
allaient être entreprises pour diverses raisons.
·
Causes
et esprit de la réforme de 1962
Elles sont multiples mais tiennent toutes aux règles et
institutions du droit traditionnel
Par rapport aux règles, on peut noter la diversité des
sources due à la multiplicité des coutumes, leur caractère immuable en raison
des croyances religieuses et mystiques à leur base et qui les font échapper à
la volonté des individus. A cela s’ajoute le caractère incertain des dispositions qui est gage d’insécurité.
Au plan des institutions, le droit traditionnel procurait
des avantages en matière de renforcement de la solidarité familiale, empêchant
l’avènement de l’individualisme.
Mais ces institutions supposent une organisation socio -
politique.
-
l’inadaptation
et le dépassement du droit en vigueur à l’indépendance ont influencé l’évolution
des structures de l’organisation sociale et familiale. En effet, la perfection
de nos sociétés face à une civilisation monétariste et libérale, reposant sur
le travail salarié a conduit à l’émancipation des individus, notamment de la femme et de l’enfant et à l’avènement
des élites.
-
La
nécessité pour le nouvel Etat d’unifier le système juridique et d’orienter la
société vers le progrès social, le développement économique par le biais d’un
droit nouveau collant aux réalités socio-économiques dominantes.
Quant à l’esprit de la réforme, l’orientation est
essentiellement moderniste.
Le besoin de sécurisation juridique des relations entre les
membres d’une même famille, l’impératif de libération des individus, de
nombreuses entraves assorties de leur égalité en droit ont présidé à
l’introduction des changements autour des principes de sécurité juridique (1)
de liberté des individus (2) de non discrimination (3) et de participation (4).
1°) le principe de sécurité juridique : L’application
de ce principe a conduit à la consécration d’un formalisme rigoureux en matière
de célébration du mariage et de manière générale en matière de preuve de l’état
civil.
2°) le principe de libération des individus : Sur la base de ce principe, la réforme a
introduit d’importants changements en matière de formation du mariage et de sa
dissolution.
Ainsi, plus que le consentement de la famille, le droit qui
était en vigueur exige le consentement des candidats au mariage : le consentement personnel n’étant requis qu’à
titre d’autorisation.
Le mariage devient donc au regard de la loi un acte libre.
Il en va de même pour sa dissolution. Les époux et eux seuls ont le droit
d’agir en justice pour obtenir la dissolution de leur union.
3°) Le principe d’égalisation des droits des citoyens :
la recherche de l’égalité en droit de différentes catégories de citoyens a
conduit à une reformulation des rapports personnels, des rapports patrimoniaux
des époux dans le sens de la réciprocité, de l’égalité.
En matière de rapports personnels,
l’obligation des séquelles d’inégalités demeure. Sans doute la femme est
devenue plus capable et la puissance maritale a été supprimée. Néanmoins, la
loi conserve au mari quelques privilèges. Ainsi, la loi domicilie la femme
mariée chez son mari et fait du mari le
chef de famille à qui la femme doit obéissance ( article 32 CMT)
Le devoir d’ obéissance est propre à la
femme. Le mari en qualité de chef de famille exerce à titre principal certaines
prérogatives telles que la puissance paternelle, le choix de la résidence
familiale. Il peut également s’opposer à l’exercice par sa femme d’une
profession séparée si l’intérêt de la famille le requiert.
En matière de rapport patrimoniaux, les nouveaux codes du
travail et du commerce reconnaissent à la femme sa pleine capacité juridique
dans les matières rentrant dans leur objet. De même, les époux sont égaux
devant le choix du régime qui doit déterminer le mode de gestion de leur liens
respectifs.
Le premier régime consacre l’autonomie de la femme, alors
que le second assure l’égalité entre conjoints.
4°) Le principe de participation aux affaires
familiales : En prenant comme base
de la réforme les règles de liberté et
d’égalité des individus, la réforme a
sans nul doute voulu organiser et promouvoir le droit de participation de
la femme aux affaires familiales.
Ce résultat ne semble pas avoir été suffisamment atteint.
Des mesures formelles et informelles ont rendu impossible ce changement. Du
point de vue des textes, les privilèges énoncés au profit du mari ont, dans
l’utilisation qui en a été faite, conduit à la transposition de la
subordination juridique des femmes au droit ancien malgré le contexte juridique
nouveau.
Les applications jurisprudentielles, elles ont eu le défaut
de renforcer et d’étendre ses privilèges en ne leur reconnaissant presque
aucune limite.
Ainsi, les tribunaux ont donné à la notion de devoir
d’obéissance une signification et une application excessives. Au sens des
tribunaux, l e devoir d’obéissance se rapporte à tous les domaines et actes de
la vie et les manquements qui y sont apportés sont assimilés à des injures
graves, cause de divorce. Ainsi, du devoir d’obéissance on se retrouve à la puissance maritale
pourtant supprimée.
5°) les relations parents /enfants
Le Mali, depuis 1991, semble s’être
engagé dans l’édification d’un Etat démocratique fondé sur le respect de la
primauté des droits et libertés, sur la non discrimination entre les différents
groupes de citoyens, entre les différentes composantes de la société.
Ainsi, la constitution du 25 février 1992 dispose que
« tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en
devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la
langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est
prohibée ».
De la même manière, la législation nationale, en dehors de
la constitution, reste marquée par son inadéquation avec les instruments
juridiques ratifiés.
III. PROBLEMATIQUE DE L’EVOLUTION SOCIALE
DE L’ENTITE « FAMILLE »
La famille traditionnelle qui était une
entité quasi totale dans presque toutes les sociétés a été ébranlée par la
colonisation qui a introduit d’autres formes d’organisation et de
hiérarchisation sociales. Le résultat le plus saillant a été la division entre
villes modernes et campagnes traditionnelles.
De nos jours, avec les conséquences des
réformes économiques dont, entre autres, l’accroissement du chômage dû aux restructurations
des entreprises publiques comme privées, les familles ont perdu leur caractère
sécurisant et l’on assiste à la remise en cause de l’autorité paternelle et /
ou parentale.
Le milieu rural apparaît comme le foyer de
résistance au changement de la famille
et des structures sociales. Toutefois, elles n’y demeurent pas statiques pour
autant. Dans les villages on assiste à l’éclatement et à la restriction de la
famille indivise, à la dislocation des unités d’exploitation agricole
accompagnée de la séparation des greniers et des revenus, notamment lorsqu’il s’agit de production de produits
de vente. On note également une amorce de changement des mentalités quant à la
vie familiale : tendance pour les jeunes de vouloir choisir le
conjoint ; âge plus tardif au
premier mariage, instabilité des unions, exode des jeunes, évasion féminine
liée au mariage forcé etc.
L’exode rural par son caractère massif et
permanent menace dangereusement l’équilibre des communautés de base.
En milieu urbain, la famille connaît
aujourd’hui des dysfonctionnements qui se répercutent sur sa stabilité et sa
structure. Cette fragilisation des
liens familiaux provient de la
paupérisation progressive durement ressentie par les familles élargies, l’urbanisation galopante, la perte de la
cohésion sociale suite à l’éclatement
des familles et la forte poussée de l’individualisme, les ruptures de ménages
et la perte de l’autorité parentale.
Les principales causes de cette perte de
l’autorité parentale sont entre autres le manque de temps des parents pour
s’occuper de l’éducation des enfants, les difficultés économiques, les médias,
etc.
D’autres facteurs non moins importants
apparaissent dans l’évolution de la famille :
·
La nuptialité en crise : le nombre de mariages recule
et intervient plus tardivement, les unions libres se développent, le nombre de
fécondité illégitimes s’accroît, le divorce s’explose. L’âge moyen du mariage
est passé de 13 à 15 ans pour les
filles à 25 – 26 ans, tandis que celui des jeunes hommes est passé de 20 ans à
près de 35 ans. Aujourd’hui, le mariage est devenu aussi banal que le divorce
qui souvent intervient dès la deuxième année du mariage.
·
La substitution de l’école aux parents : qui sont de
plus en plus occupés en dehors de la famille. Pourtant, l’école, elle même est
en crise et l’on peut se demander si elle est en mesure de prendre le relais
des familles dans l’éducation des enfants.
·
Le phénomène de famille monoparentale : La famille
malienne connaît une structure de plus en plus diversifiée avec l’apparition de
couples vivant avec ou sans enfant selon la norme religieuse ; des
familles monoparentales pour des raisons diverses. Le fait que les femmes
soient chefs de ménage leur impose plus de responsabilités dans la mesure où,
en plus de celles traditionnelles de s’occuper des enfants, elles assument
seules les responsabilités
habituellement réservées aux hommes qui sont la production et les revenus
nécessaires à la subsistance de la famille.
Par ailleurs, l’évolution des politiques
sociales notamment celles consacrées à la population n’a pas pris en compte les
questions liées à l’évolution de la structure familiale dans notre pays, malgré
qu’une politique de population et un programme d’investissement aient été adoptés
par le gouvernement .
La problématique de la famille jusqu’à
nos jours n’a jamais été l’objet d’un véritable débat national et la
documentation sur la question, même si elle existe, est disparate. Il est une
réalité qu’au début du 21ème siècle, il existe encore dans notre pays de façon
remarquable, « une société à double vitesse dont les pieds et la tête se
trouvent ensemble dans la modernité et dans la tradition ».
De ce fait, la question de la famille est
d’une urgence indiscutable. Elle justifie la proposition du Ministère de la
Promotion de la Femme, de l’Enfant d’avoir engagé un débat national en vue de
pouvoir mettre en place une politique cohérente et consensuelle en matière de
promotion et de droit de la famille en proposant un code de la famille qui
prendra en compte la jouissance par tous de leurs droits pour une meilleure
cohésion sociale.
L’entité familiale est de moins en moins un cadre de socialisation
de l’enfant, tant elle est fragile et mal préparée. La faiblesse du nombre des
études sur la famille fait que sa prise en compte dans la planification du
développement social a toujours été très générale. Différentes activités menées
en matière de promotion de la femme, de l’enfant et de la famille ont permis
d’établir l’existence de certaines difficultés notamment en matière d’éducation
et de protection de l’enfant. Ces difficultés résident dans le fait que :
-
la
modernisation du dispositif législatif en faveur de la famille n’a pas profité
au couple parental dont il consacre l’autorité et fonde la fonction de
protection et d’éducation de la progéniture ;
-
la
pratique de l’éducation familiale dans ses règles est demeurée celle de la
famille traditionnelle (élargie) ; sa transposition dans la cellule
familiale actuelle, qui a la taille du ménage n’a pas été réussie, si bien que
le couple parental a bien du mal à conduire une socialisation réussie de sa
progéniture ;
-
le
retrait des grands-parents et des collatéraux dans la mission d’éducation
familiale prive les enfants et les jeunes parents d’appui supplémentaire, ce
qui réduit les capacités d’insertion
sociale de la famille.
II. CADRE STRATEGIQUE DE LA POLITIQUE
DE PROMOTION DE LA FAMILLE
La
politique de promotion de la famille, à la lumière des difficultés citées
ci-dessus, s’attachera à recentrer l’entité familiale dans le processus de planification du développement social et à
faire émerger ses spécificités.
Elle devra consolider les acquis de la concertation nationale
sur la famille qui avait retenu le renforcement de la fonction de socialisation
de la famille. Pour ce faire, un plan d’action 2002-2006 sera élaboré et mis en
œuvre
Le but
stratégique est le renforcement de l’entité familiale.
A. OBJECTIF GENERAL Renforcer les liens familiaux et consolider la fonction
de socialisation de la famille
B. OBJECTIFS STRATEGIQUES :
-
Assurer
la stabilité de la cellule familiale ;
-
Renforcer
les activités de promotion et de protection de la famille ;
-
Renforcer
la cohésion sociale.
-
la
Promotion d’un cadre juridique favorable au développement de la famille ;
-
la
préparation des jeunes à la responsabilité conjugale et familiale ;
-
la réhabilitation
et la promotion des mécanismes communautaires de régulation sociale ;
-
la
création de cadres et d’infrastructures d’assistance familiale ;
-
la
recherche action sur la famille au Mali.
Les interventions seront
essentiellement fondées sur des actions.
1. PROMOTION D’UN CADRE JURIDIQUE FAVORABLE AU DEVELOPPEMENT DE LA FAMILLE
Objectif spécifique : Améliorer le dispositif
législatif et réglementaire en matière
de promotion de la famille de 2002 à
2006.
Il s’agira d’œuvrer à l’adoption et à la vulgarisation d’un
code de la famille en vue de son application effective. La vulgarisation
impliquera, d’une part la production des documents en langues nationales et en
arabe, et d’autre part la formation des autorités religieuses et coutumières en
vue de renforcer leur connaissance et leur adhésion au code. Cette approche
vise à réduire les divergences que la pratique tend à créer entre le droit
positif et nos us et coutumes en matière matrimoniale.
L’encadrement à la culture du droit dans la gestion du fait
conjugal sera ainsi renforcé chez les conjoints.
2. PREPARATION DES JEUNES A LA RESPONSABILITÉ CONJUGALE
ET FAMILIALE :
Objectif spécifique : Assurer la formation à la
vie et à la responsabilité familiale des jeunes de 12 ans et plus fréquentant les
établissements formels et semi-formels de formation de 2002 à 2006.
Pour atteindre cet objectif, les stratégies suivantes seront
préconisées :
Ø le développement d’un programme
d’éducation à la vie familiale des jeunes dans lequel il sera mis l’accent sur
les dimensions d’époux et de parents. Cette préparation à la vie familiale des
jeunes visera aussi à renforcer une culture du droit et de tolérance dans le
traitement et la gestion du fait conjugal ;
Ø l’éducation des adolescents et des
jeunes adultes à une activité féconde, sacrée et responsable qui sera une
composante essentielle de la préparation à la vie familiale ;
Ø la forte implication dans cette
préparation des associations et ONG intervenant dans le domaine de la santé de
la reproduction, des Associations de défense des droits de la Femme et des
Associations de Promotion de la Famille.
3. REHABILITATION ET PROMOTION DES MECANISMES COMMUNAUTAIRES
DE REGULATION SOCIALE
Objectif spécifique : Impliquer les communautés et les
autorités religieuses et communautaires dans le renforcement de la cellule
familiale de 2002 à 2006.
Il faudrait recréer, avec l’aide des autorités coutumières
et religieuses, une solidarité communautaire autour de la famille par le développement
d’un mécanisme de proximité de conciliation et de gestion des
dysfonctionnements familiaux. Ces mécanismes qui seront créés à l’initiative
des communautés elles-mêmes sur incitation des services de la promotion de la
famille auront la charge de régler certains conflits conjugaux et de décourager
certains abus et violences dont les femmes et les enfants sont souvent victimes.
4. CREATION DE CADRE ET D’INFRASTRUCTURE D’ASSISTANCE A
L’EDUCATION
Objectif spécifique : Impliquer les personnes âgées
dans la stimulation psychologique et intellectuelle des enfants de 2002 à 2006.
Il s’agira d’inciter et d’encourager, au sein des
communautés, la création d’un dispositif sous forme d’espace d’éducation pour
les enfants de 0 à 6ans où des personnes âgées pourraient assurer la
stimulation psychologique et intellectuelle des enfants, créant ainsi un espace
de pré scolarisation géré par les mères elles-mêmes.
Les pré adolescents et adolescents, habituellement pris en
charge par des Associations de groupes d’âge feront l’objet de la même
attention. Les communautés informées sur les besoins spécifiques des
adolescents et les approches possibles à la satisfaction de ceux-ci.
5. ETUDES ET RECHERCHE-ACTIONS SUR LA FAMILLE AU MALI
Pour
atteindre cet objectif, des activités de recherche-action seront conduites sous forme d’expériences qui
seront évaluées avant généralisation.
CHAPITRE III :
PLAN D’ACTION POUR LA PROMOTION DE
LA FAMILLE 2002 2006
OBJECTIF GENERAL
Renforcer les liens familiaux et consolider la fonction de socialisation
de la famille de 2002 à 2006
|
Coût en million de F CFA 1.010 |
|
|||
|
1. PROMOTION D’UN CADRE JURIDIQUE POUR LA FAMILLE |
|||||
|
Objectif spécifique 1 : Améliorer
le dispositif législatif et réglementaire en matière de Promotion de la Famille de 2002
à 2006 |
305 |
|
|||
Résultats attendus et activités
|
Période |
Indicateurs de réalisation |
Source de vérification |
|
Observations |
|
Résultat
attendu 1.1 : Le droit
de la famille est relu et adapté au besoin d’épanouissement des membres de la
famille. |
2002-2006 |
Existence
d’un cadre juridique favorable à l’épanouissement des membres de la famille |
Journal
officiel Rapports d’évaluation |
305 |
En
partenariat avec MJ et MDSSPA et MATCL |
|
Activités : 1.1.1. Elaborer et adopter le code de la
famille |
2002-2003 |
Code de
la famille adopté |
Journal
officiel |
30 |
|
|
1.1.2.
Elaborer un programme d’information
et de formation des autorités judiciaires, administratives, communales,
religieuses et coutumières en matière de droit de la famille |
2002-2003 |
Existence
d’un programme |
Document
de programme disponible |
10 |
En
rapport avec le Ministère de la Justice et la Société Civile Féminine. |
|
1.1.3.
Former les intervenants : agents
de la justice, autorités administratives, communales, coutumières et
religieuses à l’application du code de la famille |
2003-2005 |
Nombre
d’intervenants formés. |
Rapports
de formation |
50 |
En
partenariat avec les départements concernés et les associations opérant dans
le domaine. |
|
1.1.4. Traduire et vulgariser le code de la
famille en langues nationales et en arabe (édition et diffusion). |
2003-2004 |
Nombre de
langues nationales retenues pou la traduction Nombre
d’exemplaires produits et diffusés |
Rapports
d’activités |
90 |
En
partenariat avec le Ministère de l’Education, le MS et les associations |
|
1.1.5.
Relire le Programme d’Education
juridique et d’assistance juridique en intégrant le droit de la famille |
2002-2003 |
Existence
d’un nouveau programme d’éducation
juridique |
Curricula
de formation |
25 |
En
partenariat avec le Ministère de la Justice et le ME |
|
1.1.6.
Réviser le Programme d’Enseignement
formel (Etablissement d’Enseignement Secondaire, Supérieur) pour intégrer les notions droit de la famille |
2003-2005 |
Programmes
révisés Enseignement
des notions de droit de la famille
effectif dans les cycles secondaire
et supérieur Nombre
d’enseignants formés |
Curricula
Scolaires Rapport
d’évaluation |
50 |
En partenariat avec le Ministère de l’Education, MS et
PRODEJ |
|
1.1.7.
Mettre en place un dispositif de protection pour les immigrés et leurs familles |
2002-2006 |
-Nombre
de conventions et accords signés -Nombre
de familles d’ immigrés
bénéficiant de protection |
Document
de Protocole
et d’accord Rapport
d’évaluation |
50 |
En
partenariat avec MAEME, MJ, MDSSPA
|
|
2. PREPARATION DES JEUNES A LA RESPONSABILITE CONJUGALE ET
FAMILIALE |
|||||
|
Objectif spécifique 2 : Assurer la formation à la vie et à
la responsabilité familiale des jeunes de 12 ans et plus fréquentant les
établissements formels et semi formels de formation 2003-2006. |
105 |
|
|||
|
Résultat
attendu 2.1 : Les
jeunes de 12 ans et plus fréquentant un
établissement de formation sont
informés sur la vie et la responsabilité familiales d’ici 2006. |
2002-2006 |
Nombre
d’établissements dispensant l’éducation familiale |
Rapports
d’activités Rapports
d’évaluation Curricula
Scolaires |
105 |
En
partenariat avec le ME et autres partenaires. |
|
Activités : 2.1.1.
Elaborer un programme d’éducation à la vie familiale en vue de l’intégrer
dans les programmes de formation des jeunes
|
2002-2003 |
Existence d’un programme d’éducation à la vie familiale |
Rapports
d’évaluation Programme
de formation |
15 |
|
|
2.1.2.
Organiser la formation en vue
d’introduire l’enseignement de
l’éducation à la vie familiale
et à la responsabilité familiale dans les programmes des centres de jeunes
et les CED, CAF et autres Centres de Formation. |
2003-2006- |
-Nombre
d’enseignants formés -Nombre
de CED, de Caf et autres Centres de formation enseignant l’éducation à la vie
familiale |
Rapports d’activités Programmes
de formation Rapports
de formation |
90 |
|
|
3. REHABILITATION ET PROMOTION DES MECANISMES COMMUNAUTAIRES DE
REGULATION SOCIALE |
|||||
|
Objectif spécifique 3 : Impliquer les communautés et les
autorités religieuses et communautaires dans le renforcement de la cellule
familiale de 2002 à 2006. |
190 |
|
|||
|
Résultat
3.1 : Les
mécanismes communautaires et religieux existent et sont le premier recours
dans le règlement des conflits conjugaux. |
2002-2006 |
Mécanismes
communautaires et religieux mieux connus et mieux exploités |
Rapport d’évaluation |
190
|
En
partenariat avec le ME, MDSSPA, les chefs de quartiers, chefs coutumiers chef
religieux, les communicateurs traditionnels |
|
Activités : 3.1.1. Sensibiliser les autorités coutumières et religieuses à s’impliquer dans la
conciliation et la gestion des disfonctionnements familiaux. |
2002-2006 |
-Nombre
de séances de sensibilisation réalisées -Nombre conciliations faites |
Rapport
d’évaluation Rapports d’enquêtes
|
60 |
|
|
3.1.2.
Mettre en place un dispositif
communautaire de régulation et de prévention des conflits conjugaux et des
abus et violences sur les femmes et les enfants. |
2002-2003 |
||||