POLITIQUE ET PLAN D’ACTION POUR LE DEVELOPPEMENT INSTITUTIONNEL 2002 - 2006
CHAPITRE I : ANALYSE DE LA SITUATION.
Evolution du statut institutionnel de la promotion de la femme, et de l’enfant au Mali
Au plan
associatif et non gouvernemental.
Analyse du cadre institutionnel.
Analyse interne du cadre institutionnel.
Les mécanismes de concertation du MPFEF.
Les partenaires techniques et financiers.
Les difficultés de mise en œuvre.
CHAPITRE II : POLITIQUE DE
DEVELOPPEMENT INSTITUTIONNEL
Cadre stratégique de la politique de
développement institutionnel.
Développement des fonctions de planification
et de programmation.
Consolidation des fonctions de plaidoyer
et de mobilisation sociale.
CHAPITRE III : PLAN D’ACTION POUR LE
DEVELOPPEMENT INSTITUTIONNEL
I.
EVOLUTION DU STATUT INSTITUTIONNEL
DE LA PROMOTION DE LA FEMME ET DE L’ENFANT AU MALI
L’histoire de la prise
en compte moderne et de la gestion de la question de la femme est antérieure à l’accession
du Mali à la souveraineté internationale. IL faut remonter aux luttes pour
l’indépendance pour voir les premières manifestations collectives des femmes et
des jeunes aux côtés des partis politiques pour la conquête des libertés
fondamentales et de l’indépendance du pays.
1.
AU PLAN ASSOCIATIF ET NON
GOUVERNEMENTAL :
De 1960 à 1968 : dès l’accession à l’indépendance
nationale, les femmes du ont été regroupées au sein d’un organe national
dénommé la commission sociale des femmes de l’USRDA. Cette structure sera la
première au niveau national à s’occuper de donner un statut moderne à la femme
malienne et d’amorcer le processus de son émancipation sociale (on lui doit le
code du mariage et de la tutelle).
De 1968 à 1974 : La suspension de toutes activités
politiques et sociales met fin à l’existence de ladite commission.
De 1974 à 1991 : L’Union Nationale des Femmes du Mali
(UNFM) voit le jour. Affiliée à l’Union Démocratique du Peuple Malien (UDPM),
parti unique, cette organisation aura marqué la promotion de la femme par sa
lutte pour la légalisation du planning familial et la mise en œuvre de
programmes d’intégration de la femme au développement à travers la commission
nationale de promotion de la femme (CNPF).
L’UNFM représentera les femmes maliennes aux différents
sommets internationaux organisés successivement à Mexico en 1975, à Addis-Abeba
en 1978, à Arusha en 1984, à Nairobi en 1985, Abuja en 1989.
Depuis 1991 : Au lendemain de la révolution de mars
1991, sous l’impulsion des femmes, plusieurs associations et ONG se sont créées
aboutissant à la mise en place d’une coordination des associations et ONG
féminines (CAFO) qui, de 114 associations membres lors de sa mise en place,
compte aujourd’hui plus de 257 associations et ONG membres.
Cette coordination
laisse à ses membres leur spécificité et leur diversité, qui enrichit tant la
participation que l’action des femmes.
2.
AU PLAN ADMINISTRATIF :
C’est à partir de 1992
que pour la première fois le Gouvernement du Mali a clairement porté dans la dénomination
des départements la mention promotion féminine. Auparavant la mission de
promotion de la femme et de l’enfant a toujours été assignée au département
chargé des Affaires Sociales
Ainsi, successivement ont été créés :
-
Un
Secrétariat d’Etat à l’Action Sociale et à la Promotion Féminine :
Les missions principales assignées à ce Secrétariat d’Etat
placé sous l’Autorité du Ministre chargé de la Santé Publique étaient les
suivantes :
¨ élaboration et mise en œuvre de la
politique d’action sociale,
¨ définition de la politique globale
de la promotion féminine,
¨ élaboration des politiques
sectorielles avec les départements ministériels,
¨ impulsion, coordination des
activités de recherche sur la femme,
¨ constitution d’une banque de données
sur la femme et diffusion, suivi et évaluation des actions en faveur de la
femme,
¨ élaboration et promotion de
l’information et de la communication en matière de promotion féminine.
Il convient de rappeler que les programmes de l’enfant et de
la famille étaient mis en œuvre par la Direction Nationale de l’Action Sociale
relevant du Secrétariat d’Etat.
- Un Commissariat à la Promotion des femmes : placé
sous l’autorité du Premier Ministre, le Commissariat a été créé en mars 1993 et
était chargé de :
¨ donner au Premier Ministre des
informations sur les conditions des femmes et des avis sur la définition et la
conduite de la politique gouvernementale en matière de promotion des
femmes ;
¨ conseiller le Premier Ministre pour
tout ce qui concerne la pleine participation des femmes dans le développement
national sur tous les plans ;
¨ constituer une banque de données sur
les problèmes des femmes ;
¨ donner à la demande du Premier
Ministre des avis sur les questions relatives à la promotion des femmes et
suivre la recherche-action sur les femmes. ;
¨ assurer une coordination de l’action
des différents intervenants dans le domaine de la promotion des femmes à
travers deux structures de coordination et de concertation que sont le comité
interministériel et la commission paritaire Gouvernement – Association – ONG.
Du point de vue de la structure opérationnelle, le
commissariat était une administration de mission et comprenait un cabinet
composé de cinq chargés de mission.
Cette structure était représentée au niveau régional et au niveau départements
ministériels par des coordonnatrices régionales et des déléguées
ministérielles. C’est sur cette ossature que le cabinet et les directions
régionales du futur ministère seront bâtis 4 ans plus tard.
- Un Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et
de la Famille : Créé en septembre 1997, ce Ministère est chargé d’élaborer
et de mettre en œuvre la politique nationale de promotion de la femme, de
l’enfant et de la famille. A ce titre, il œuvre à :
¨ élaborer et mettre en œuvre les
mesures devant assurer le bien-être de la femme, de l’enfant et de la
famille ;
¨ assurer une meilleure insertion
économique, sociale et culturelle des femmes et des enfants par la prise en
charge de leurs besoins spécifiques ;
¨ promouvoir les droits de la femme et
de l’enfant et veiller à leur respect ;
¨ veiller à ce que l’espace familial
demeure un cadre d’équilibre dans les relations sociales.
Ainsi qu’il ressort de l’évolution du statut institutionnel,
la marche vers un département ministériel autonome a été certes lente mais
progressive.
II. ANALYSE DU CADRE INSTITUTIONNEL :
Le domaine de la promotion de la femme, de l’enfant et de la
famille est un de ceux qui sont généralement partagés entre plusieurs départements.
La création d’un département ministériel exprime l’importance et la priorité
que le gouvernement accorde à ce domaine.
1.
ANALYSE INTERNE DU CADRE
INSTITUTIONNEL :
La structure et la fonctionnalité institutionnelle interne
du département de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille
nécessite l’analyse sur trois entités que sont :
La structure administrative du
Ministère : Il s’agit du Secrétariat Général, des services centraux
(directions nationales), des services rattachés, des directions régionales et
des services locaux.
Les programmes et projets d’appui à
la promotion de la femme et de l’enfant : Il s’agit de tous les programmes
et projet conçus et mis en œuvre par le Ministère qui exécutent à ce titre
certaines missions du département.
Le secteur associatif : Il
s’agit des associations et ONG féminines et de protection de l’enfant qui,
selon le cas, sont organisées autour de préoccupations spécifiques ou
simplement sur des aires géographiques données.
1.1.
La
structure administrative du Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant
et de la Famille
Créé en septembre 1997, le Ministère de la
Promotion de la Femme, de L’Enfant et de la Famille comprend des structures
centrales, régionales et subrégionales.
. Le niveau central : il comprend :
-
Le
Secrétariat Général : organe technique du ministère, il élabore les
politiques, coordonne les interventions du département, suit et contrôle les
directions et services techniques du département. Dans le cas présent, en plus
des directions, la plupart des programmes et projets d’appui lui sont rattachés.
-
Les
Directions nationales, au nombre de trois, elles sont les organes techniques et
opérationnels d'exécution de la mission du département, ce sont :
-
La Direction
Nationale de la Promotion de la Femme créée par ordonnance n°99–009/P-RM du 1er
avril 1999 ;
-
La
Direction Nationale de la Promotion de l’Enfant et de la Famille créée par
Ordonnance n°99-010/P-RM du 1er avril 1999.
-
La
Direction Administrative et Financière du MPFEF créée par la loi n°98/47-AN-RM
du 5 avril 1998, portant création des DAF.
Il ressort des missions de ces deux directions, une fonction
de conception des programmes et des plans d’action de promotion de la femme, de
l’enfant et de la famille, de même qu’une fonction de connaissance de la
situation de ces cibles (recherches -
études).
Les Directions nationales fournissent en outre au Ministère
les éléments de politique de leurs matières.
Au niveau du suivi, de la coordination et de l’évaluation,
l’analyse fait ressortir que la fonction de suivi et d’évaluation de
l’action des associations et organisations non gouvernementales intervenant
dans le domaine de la promotion de la femme est clairement spécifiée dans les
missions de la Direction nationale de la Promotion de la Femme.
Il faut signaler en plus de ces trois Directions
l’existence :
-
d’un
Etablissement Public à caractère administratif, technologique, culturel :
la Cité des Enfants.
-
d’un
service rattaché au Secrétariat général : le Centre National de
Documentation et d’Information sur la Femme.
La création récente de ces dernières ne permet pas une
analyse institutionnelle conséquente.
Les services rattachés aux Directions Nationales :
¨ le centre de formation
professionnelle Aoua KEÏTA ;
¨ le centre d’Accueil et de Placement
Familial.
Rattachés respectivement
à la Direction Nationale de la Promotion de la Femme et à la Direction
Nationale de la promotion de l’Enfant et de la Famille, ces deux structures
souffrent d’une crise d’identité institutionnelle au regard des missions qui
leur sont assignées.
Le niveau régional :
Les directions régionales : Par Décret n°99-413/PM-RM
du 23 décembre 1999, les Directions Régionales et les services subrégionaux de
la promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille ont été créés. Les
Directions régionales sont communes aux directions centrales.
Au plan de l’articulation Directions Nationales et
Directions Régionales, celle-ci est insuffisante dans la pratique simplement parce
que les directions régionales travaillent beaucoup plus avec les programmes
d’appui dont les activités sur le terrain sont financées, suivies et
contrôlées. L’un des problèmes centraux auquel sont confrontées toutes ces
structures, reste leur relative jeunesse.
1.2.
Les programmes et projets de promotion de la femme et de
l’enfant :
De 1992 à 2001 le domaine de la promotion des femmes a fait
montre d’un réel dynamisme dans la conception de programmes, la recherche de
ressources et la mise en œuvre de projets en faveur des femmes. Ces projets ont
globalement couvert les domaines principaux de la promotion de la femme et de
l’enfant. Une administration de projets importante et performante s’est
constituée qui développe aujourd’hui avec beaucoup de bonheur ses activités aux
niveaux national et régional.
On dénombre ainsi au niveau du département de la promotion
de la femme, de l’enfant et de la famille, l’existence d’environ treize (13)
projets de promotion de la femme tous élaborés et mis en œuvre entre 1994 et
2001 et trois (3) programmes de protection, de promotion de l’enfant et de la
famille élaborés de 1999 à 2001. Ces projets comportent généralement :
¨ Un volet d’appui institutionnel qui
a permis : d’équiper le Ministère et certaines associations en moyens de
travail, de former les cadres du Secrétariat Général et des Directions
nationales, régionales du Ministère de certains départements ministériels
et associations.
¨ Un volet habilitation à exercer son
statut de citoyen, d’agent économique qui a permis la mise en oeuvre
d’activités d’éducation, de formation civique, de préparation à la gestion de
projets ;
¨ Un volet de promotion économique qui
a permis le financement d’activités génératrices de revenus pour les femmes
comprenant des activités de micro crédits menées avec un bonheur inégal d’un
programme à l’autre.
Ces projets se caractérisent en outre par la mise en
œuvre d’activités stratégiques conduites selon des règles les plus
strictes de la gestion de projets dont les résultats sont visibles et indiscutables,
d’une part et la cohérence entre leurs objectifs spécifiques d’autre part.
Les programmes et projets d’appui jouent un rôle
irremplaçable dans ce département. Ils permettent de mieux connaître les
besoins des femmes maliennes, de faire un repérage précis des activités
économiques féminines et de leur localisation, de collecter et de diffuser les
informations concernant les femmes et les enfants.
Des équipes de projet développant une expertise et une
vitalité dans l’occupation et le contrôle du champ de la promotion des femmes
en particulier sont formées. Dans tous les programmes et projets en cours
l’intersectorialité est conduite avec les départements partenaires dont les
plus sollicités sont le développement rural, l’éducation, l’administration
territoriale, le développement social.
Les programmes et projets ont aussi développé des
partenariats intéressants avec le secteur associatif et la société civile qui
ont permis d’intégrer et d’utiliser les compétences de ces organismes.
Cependant beaucoup d’entre eux sont en phase de finition de
cycle. Leur disparition risque d’hypothéquer les résultats obtenus, surtout que
dans la plupart des cas, il n'a pas été prévu un processus de dévolution.
2.
LES DEPARTEMENTS MINISTERIELS SECTORIELS
Plusieurs départements ministériels concourent à la finalité
de bien être recherchée pour les femmes, les enfants et la famille.
La création d’un Ministère chargé d’élaborer et de mettre en
œuvre les mesures devant assurer le bien être de la Femme, de l’Enfant et de la
Famille a nécessité de gros efforts pour assurer une intersectorialité
efficace. Ceci s’est traduit notamment par :
·
la
dynamisation des structures et mécanismes de concertation (comité
interministériel) ;
·
la
création selon les cas de mécanismes de concertation et de suivi autour des
grands chantiers initiés par le Ministère de la Promotion de la Femme, de
l’Enfant et de la Famille ;
·
la
formation des cadres de certains départements ministériels en approche et
analyse genre ;
·
la
nomination de Conseillers Techniques genre au niveau de plusieurs départements
et la nomination de points focaux dans les autres ;
·
l’organisation
de sessions de formation en genre et de sessions de formation de formateurs au
profit des conseillers techniques et points focaux genre ;
·
la
mise en place progressive de base de données.
Cependant, les programmes et actions du Ministère de la
Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille ont souvent souffert de la
faiblesse de l’esprit de collaboration. L’aspect transversal n’a pas toujours
été bien compris et certains acteurs tendent à penser à une duplication des
missions et attributions.
3. LES MECANISMES DE CONCERTATION DU
MPFEF
Le comité interministériel : est un organe consultatif
qui regroupe un représentant par département ministériel. Il est chargé :
·
d’étudier
et de donner son avis sur tous les dossiers qui lui sont soumis par le Ministre
chargé de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille ;
·
de
suivre et procéder à l’évaluation de la mise en œuvre par les départements des
recommandations et mesures en faveur de la femme, de l’enfant et de la
famille ;
·
de
suivre et évaluer les actions et initiatives des associations et ONG en faveur
de la femme, de l’enfant et de la famille.
Ce comité qui n’est composé que des départements
ministériels doit se réunir au moins une fois par semestre. Cependant, il n’a
pu se réunir régulièrement comme prévu.
La commission paritaire Gouvernement – Associations – Organisations
Non Gouvernementales pour la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la
Famille. Cette commission est chargée de :
-
coordonner
les stratégies et actions des associations et ONG en matière de promotion de la
femme, de l’enfant et de la famille ;
-
formuler
des recommandations et donner son avis sur la politique du Gouvernement
permettant la prise en compte des femmes, des enfants dans les projets et
programmes nationaux de développement.
La commission paritaire qui doit se réunir au moins une fois
par semestre regroupe un représentant de chaque ministère et cinq représentants
de chacune des trois coordinations d’ONG dont la CAFO.
L’irrégularité des réunions de ces deux instances de
coordination et de suivi est imputable moins à un désintérêt ou même à une
surcharge de travail, qu’à la faiblesse de la fonction, de programmation, de
suivi et de contrôle.
Le Comité national d’action pour l’abandon des pratiques
néfastes à la santé de la femme et de l’enfant : il est chargé de formuler
des propositions et suggestions dans les domaines de :
·
l’information
et la sensibilisation de la population ;
·
la
production de matériels audiovisuels adéquats de sensibilisation ;
·
la
formation ;
·
la
promotion de la recherche action ;
·
la
réforme de la législation ;
·
le soutien
des activités des associations et ONG ;
·
la
revalorisation des pratiques positives.
Ce comité qui est composé des représentants de neuf
départements ministériels les plus concernés, des représentants de l’Assemblée
Nationale, du Conseil Economique, Social et Cultuel, des Directions et Services
Techniques concernés, de la Société Cicile et des Représentants du Culte, a
tenu régulièrement ses réunions.
Ce dynamisme pourrait s’expliquer par le fait que le
mécanisme de concertation regroupe les concernés et qu’il existe un organe
d’exécution (Secrétariat permanent) pour l’animer.
La difficulté de faire fonctionner des comités ou
commissions interministériels qui couvrent des objets et des préoccupations
transversales tient souvent au fait que le Département animateur ne dispose pas
toujours d’un outil spécifique lui permettant d’en suivre la vie.
4. LES
PARTENAIRES TECHNIQUES ET FINANCIERS :
En vue d’appuyer le
gouvernement dans la mise en œuvre de sa politique en matière de promotion de la
femme, de l’enfant et de la famille, plusieurs partenaires techniques et
financiers ont soutenu les actions déployées à cet effet.
A travers les coopérations multilatérales et bilatérale, le
MPFEF et ses différentes structures ont reçu des appuis multiformes :
développement des capacités des ressources humaines, renforcement des capacités
matérielles, logistiques et de financement d’activités génératrices de revenus,
etc…
Une analyse de la coopération fait ressortir que dans
l’ensemble, les partenaires ont intervenu sous forme « d’appui
projets » : ceci se comprend si l’on se réfère au contexte qui a
prévalu en 1993 (date de la création du Commissariat à la Promotion des Femmes)
où beaucoup de projets ont été négociés et qui a été le passage d’une administration
de mission à une administration classique qui ne cesse de se renforcer au plan
institutionnel.
Les agences et organismes de coopération ont insisté sur la
nécessité de développer une transversalité et une capacité d’impulsion qui
permettra la prise en compte effective des femmes et des enfants dans les
programmes sectoriels de développement.
Il faut cependant déplorer l’inexistence d’un mécanisme de
concertation entre le Ministère et ces différents agences et organismes de
coopération qui pourrait servir de structure de liaison transversale et
assurerait une meilleure connaissance des opportunités de financement et une
utilisation plus cohérente des ressources affectées.
5.
LES DIFFICULTES DE MISE EN ŒUVRE
La nature transversale
des interventions du département et l’insuffisance de vulgarisation des
réalisations fondamentales en matière de promotion de la femme et de l’enfant,
ont rendu invisibles beaucoup d’actions menées dans la mise en œuvre des
différents plans et programmes. Le manque d’indicateurs d’efficacité et
l’insuffisance des mécanismes internes de suivi et d’évaluation des Programmes,
sont autant de raisons qui n’ont souvent pas permis de faire une appréciation
objective de l’action du département.
La collaboration entre le Ministère de la Promotion de
la Femme, de l’Enfant et de la Famille
(MPFEF) et les autres partenaires notamment les départements ministériels et
les organisations de la société civile, demeure insuffisante. Cela tient au fait
que la dimension qualitative des résultats sectoriels n’est pas toujours
recherchée dans les évaluations menées au niveau des autres départements.
Par ailleurs, une constante parmi les difficultés de mise en
œuvre des programmes, reste l’insuffisance des ressources humaines, financières
et matérielles à tous les niveaux.
En effet, malgré les efforts déployés ces dernières années
par l’Etat pour le financement de programmes spécifiques, la part du budget
national dans la mise en œuvre des projets reste en deçà de 15%.
Un effort plus accru en matière de financement interne des
programmes en faveur du fonctionnement
des services est nécessaire pour atteindre les objectifs visés.
Au terme de cette analyse, il apparaît que le Département de
la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a développé beaucoup de
projets et de programmes qui ont effectivement atteint des objectifs dont
certains sont stratégiques. Il a mis en place ses structures centrales et
réorganisé ses démembrements régionaux les érigeant en directions régionales.
Un grand effort de formation et d’organisation a été déployé pour adapter les
structures à la nouvelle mission.
Cependant, l’analyse du cadre et de la pratique
institutionnelle en cours fait ressortir les constats suivants :
. Le Secrétariat Général, cheville ouvrière mais aussi
quartier général de tout le département, est surchargé par des tâches
opérationnelles qui, parfois devraient relever des directions nationales.
. L’administration centrale du département (services
centraux et régionaux) est faible en terme de gestion opérationnelle des
activités en raison de l’insuffisance des ressources humaines, matérielles et
financières.
. Les projets d’appui sont assez autonomes et exécutent leurs
activités. Seulement, celles-ci n’ont aucun effet en terme de transfert de
savoir-faire sur les directions nationales et la plupart d’entre eux sont en
fin de cycle.
. L’insuffisance de la synergie nécessaire entre les projets
d’une part, et entre les activités du Département et celles des autres
départements tient à l’inexistence d’une unité de planification et de
programmation.
. Un dispositif de micro-finances fort utile mais menacé de
suppression ou de réforme qui risquerait d’équivaloir à une expropriation. Le
FAAF-Layidu est une structure originale de service public dont la mission et
l’utilité sont masquées par des difficultés de gestion et qu’il convient de
préserver.
. Le secteur associatif
développe ses activités sans tenir compte des priorités définies par les
politiques.
. Une aide internationale multiple et constante reste
disponible à poursuivre son assistance si le MPFEF présente des orientations
politiques et stratégiques claires.
. Le MPFEF ne dispose pas d’un organe de planification, ce
qui pourrait constituer un handicap pour passer à l’opérationnalisation de son
plan stratégique et pour établir la cohérence avec les plans décennaux des
autres départements sectoriels.
Le présent plan visera à lever ces contraintes.
1.
JUSTIFICATION
L’analyse de situation révèle l’existence d’un certain
nombre d’hypothèques et de contraintes à l’action du MPFEF qui sont :
-
L’insuffisance
de la dotation en ressources humaines, financières et matérielles ;
-
la
persistance de certaines difficultés de mise en œuvre des missions du MPFEF en
raison de leur transversalité (coordination – suivi – évaluation) ;
-
la
faiblesse du système d’information dans les domaines de la femme, de l’enfant
et de la famille
-
l’absence
d’un cadre juridique définissant les liens fonctionnels entre le MPFEF et le
secteur associatif.
I.
CADRE STRATEGIQUE DE LA POLITIQUE
DE RENFORCEMENT INSTITUTIONNEL
L’approche programme qui sous-tend la mise
en œuvre des activités, s’appuiera sur les structures existantes qu’il
conviendra de renforcer. Ceci impliquera la création de certaines fonctions et
le renforcement d’autres.
Il s’agira donc de renforcer le cadre institutionnel du
MPFEF de manière à le doter de compétences et de capacités susceptibles de lui
permettre de développer des activités d’importance stratégique dont les
résultats auront une incidence déterminante sur le statut de la femme, de
l’enfant et de la famille.
La politique de renforcement institutionnel du domaine de la
promotion de la femme, de l’enfant et de la famille visera à :
·
développer
les capacités de planification, de coordination, de suivi et d’évaluation des
structures en vue d’assurer la cohérence interne et externe des interventions
du Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille ;
·
améliorer
la capacité d’impulsion du MPFEF ;
·
développer
le professionnalisme d’un secteur associatif dynamique et plein d’initiatives.
1)
accroître
les capacités du MPFEF en vue de lui permettre de jouer efficacement ses rôles
d’impulsion, de suivi, de participation, de contrôle et d’évaluation auprès des
institutions, des services techniques et du secteur associatif ;
2)
développer
une approche de transversalité visible et efficace ;
3)
renforcer
les compétences du MPFEF en matière de coordination et d’évaluation de l’action
des associations et ONG œuvrant dans les domaines de la promotion de la Femme,
de l’Enfant et de la Famille.
-
le
développement de la fonction de planification et de programmation des services
centraux et du Secrétariat Général pour assurer la cohérence entre les
interventions sectorielles et les options stratégiques énoncées en matière de
promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille ;
-
la
consolidation de la fonction de plaidoyer social : elle consistera à préparer la femme et l’enfant à une
meilleure jouissance de leurs droits au sein de la société ;
-
la mobilisation
des ressources financières et matérielles.
La politique de renforcement institutionnel s’opérera donc à
travers les domaines suivants :
1.
DEVELOPPEMENT DES FONCTIONS
DE PLANIFICATION ET DE PROGRAMMATION
Objectifs spécifiques :
-
accroître
les capacités d’intervention et d’impulsion du MPFEF et de ses structures
-
promouvoir
l’approche genre
-
développer
une tranversalité visible et efficace
Stratégies :
Les stratégies viseront :
a)
Le
renforcement des fonctions de planification des services centraux par :
·
l’appui-conseil
au Secrétariat Général en matière de planification ;
·
le
transfert méthodologique du processus de planification aux directions
nationales et structures périphériques ;
·
le
contrôle de la cohérence des plans d’opérations et programmes nationaux par
rapport aux objectifs et stratégiques du Plan Stratégique ;
·
la
validation stratégique des plans et programmes nationaux ;
·
la
mise en place d’un système d’information performant ;
·
l’élaboration
et la mise en œuvre d’un programme de développement des ressources humaines
(formation, stages, séminaires) ;
·
l’établissement
des mécanismes de coordination avec les autres plans de développement
sectoriel ;
·
la
préparation et le suivi des réunions de concertation ;
·
le contact
avec les structures de planification des autres départements sectoriels.
·
Le
renforcement en équipement et moyens logistiques des services centraux.
b) La Poursuite et le renforcement de la politique de
déconcentration des activités par :
·
le
renforcement des capacités d’intervention des Directions Régionales de la
Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille :
-
l’affectation
du personnel dans les directions régionales et les cercles,
-
la
poursuite de l’équipement des directions régionales et les cercles,